1- Ganvié : présentation
L’histoire de Ganvié se confond avec ses premiers habitants, appelés aussi les hommes de l’eau ou Toffinous, originaires du Togo (les Adjakedos) et du Tado, au sud du Bénin : suite à des guerres tribales, ces hommes sont arrivés avec leur roi Agbogdobé en 1717. Ce roi, puissant en Vaudoun, se métamorphosa en épervier, survola la lagune et découvrit l’île de Ganvié », « Ses accompagnateurs restés sur la rive ne pouvant pas passer, il fit alors une autre magie qui le transforma en crocodile, transportant ainsi ses collaborateurs sur son dos.
Depuis, le crocodile est sacré à Ganvié qui signifie littéralement en fon (une langue du sud du Bénin) : La collectivité sauvée », a-t-il ajouté. Le village lacustre de Ganvié est la révélation d’une architecture particulière : la construction des maisons sur pilotis dont les bois sont soigneusement étudiés suivant les rigueurs du milieu.
La population de Ganvié et de So Tchanhoué, les deux principaux centres lacustres du Bénin, ne cesse de croître, et les maisons sur pilotis s'avancent de plus en plus profondément à l'intérieur du lac Nokoué. Dans ces villages lacustres vivent plus ou moins 30 mille Tofinu. Les conditions d'hygiène sont déplorables car l'eau du lac n'est pas potable. Et les tempêtes détruisent parfois des centaines de maisons.
La division sexuelle du travail est très accentuée : tandis que l’homme s’occupe de la fabrication des engins de pêche, de la capture des produits, de la construction des trous à poissons et de l’aménagement des parcs à branchages dit Acadja, la femme est entièrement responsable des opérations post capture (transformation, conservation, commercialisation) et de l’entretien. La communauté de Ganvié est très hiérarchisée. L’héritage se transmet de père en fils, et les pratiques relatives au lignage sont conservées jusqu’à ce jour où cohabitent tendances individualistes et communautaires. info + fondation zinsou
Les communautés de pêcheurs utilisent une diversité de techniques et des engins de pêche. La visite du village lacustre fait penser aux Amérindiens Uros qui s’étaient réfugiés sur des îles flottantes en roseaux tortora, sur le lac Titicaca du Pérou, pour échapper à la domination des Collas et plus tard, des Incas.
La vie dans des cases bâties sur des pilotis dans un lac peu profond, a préservé les premiers habitants des guerriers Fons que les tabous empêchaient de s’hasarder sur l’eau. Il y a d’autres villages comme celui-ci sur le lac Nokoué mais Ganvié est le plus grand et le plus visité. La durée de vie des maisons construites sur l’eau est de 20 à 25 au sien du ménage. Elles peuvent également pêcher les crabes nageurs et collecter les huîtres.
2- Ganvié : la Venise de l’Afrique
Surnommée la « Venise de l’Afrique », le village de Ganvié apparaît comme une cité pittoresque où il n’y a pas d’immeubles, ni arbres, mais seulement des maisons construites en bambou et couvertes de pailles ou de tôles, bâties sur pilotis au-dessus du lac Nokoué. La découverte des merveilles de Ganvié se dévoile dés l’embarcadère d’Abomey Calavi, un emplacement très animé, fréquenté par des femmes, enfants, jeunes qui y mènent des activités lucratives ou ludiques. Au bout de cet embarcadère se trouve le quai conduisant directement sur le lac Nokoué, où les barques simples ou motorisées attendent les voyageurs.
Le voyage vers le village lacustre de Ganvié, situé à 8 km de l’embarcadère, dure une quinzaine de minutes. Généralement, les voyageurs préfèrent la barque motorisée, dont le prix est certes plus cher, mais qui garantit confort, rapidité, et sécurité. Tout au long de la traversée, se déroulent des parties de pêches effectuées par des enfants accrochés à leur nasse, communément appelé « Akadja ». L’embarcation croise aussi des dames vaquant à leurs occupations commerciales, des jeunes revenant du Nigeria, lourdement chargés de bidons d’essence et/ou de pétrole.
Les habitants vivent et mènent toutes leurs activités quotidiennes dans ces habitations solidement implantées. En dehors de son architecture particulière, Ganvié dispose également d’un marché flottant où les bonnes dames de ce village exposent leurs marchandises. Tout ceci est disposé dans une pirogue. Il existe toutes sortes de produits : du poisson, des condiments pour la sauce, du pain, du lait, notamment.
Pourtant à Ganvié, on retrouve aussi des bars, restaurants et auberges pour permettre aux touristes de se reposer avant de reprendre le chemin du retour et aussi des centres socio - communautaires, notamment des écoles, des églises et des centres de santé. Au milieu du village lacustre, est aménagée la place royale où est érigée la statue du premier roi de Ganvié, le Roi Agbogboé, fondateur du village.
3- Ganvié : comment vit la population
Sur pilotis, la vie n’est pas évidente. En fait, la population de Ganvié présente trois ensembles :
- le noyau habitat lacustre proprement dit : Le village lacustre Ganvié se présente sous la forme d'un habitat groupe de cases sur pilotis entièrement construites en bois et matériaux végétaux, capables de résister aux intempéries de l'eau et aux aléas climatiques pendant des décennies. Envahi par l'eau toute l'année, Ganvié est accessible uniquement par pirogues. La pêche reste et demeure l'activité principale source de revenus chez le lacustre appelé tofin ou homme de l'eau.
- la zone d'exploitation et de protection de la lagune : La zone d'exploitation et de protection de la lagune peut être comparée aux champs pour les populations habitant la terre ferme. Zone de prédilection de la pèche, on y développe la technique « acadja », véritable enclos ceintures de végétaux destiné à la pisciculture. L'habitat palafitte est sur pilotis, structure en « concession lacustre » et comporte plusieurs constructions en bois aux toitures de chaume local tantôt rectangulaire ou présentant un aspect cônal. L'habitat physique correspond à des segments lignagers regroupés.
- les flots semi-lacustres environnants : Dans les îlots semi-lacustres inondes en saison humide, les habitudes sont presque identiques pendant la crue qui dure environ 4 mois dans l'année. Pendant le reste de l'année, outre la pêche, la disponibilité de la terre ferme permet de développer les activités agricoles. Ces îlots forment une ceinture semi-émergée et abritent des cimetières et des lieux de cultes pour ces « homes de l'eau ».
