Le tout récent plan de développement touristique et les nouvelles options retenues pour un tourisme durable au Bénin donnent des raisons d’espérer un tourisme de qualité dans certaines régions du pays, et une bien meilleure maîtrise de ce secteur d’activité par les autochtones.Il n’y a pas eu, et il n’est pas prévu d’enquête pour mesurer l’impact du tourisme sur la nation béninoise.
En fait, il faudrait disposer de plusieurs données sur les dépenses effectuées par les visiteurs dans les établissements touristiques, mais aussi, dans le transport, les loisirs, l’artisanat….
Autant d’informations qu’il est difficile d’avoir vu qu’il n’y a aucune organisation qui s’occupe de chercher des réponses, faute de moyens. L’OMT (Organisation Mondiale du Tourisme) donne certains chiffres sur les recettes touristiques, qui seraient passées de 9,8 milliards de francs CFA en 1990, à 25 milliards en 2001.
Développement du tourisme au bénin : projets hôteliers
Le Bénin comme beaucoup de pays de la côte souffre de la fuite des devises, phénomène ancien qui s’exprime par l’investissement dans les équipements touristiques de devises étrangères, ce qui entraine le rapatriement à l’étranger des recettes effectuées par les entreprises étrangères participant à l’industrie touristique. L’Etat béninois, suite à la mise en route du plan de développement touristique en 1997, a mis au point un code des investissements intéressants pour les opérateurs du tourisme.
Les projets hôteliers devront désormais comporter une participation minoritaire de l’Etat (viabilisation des terrains…).l’Agence Française de développement et la Banque Mondiale entre autre, aideront à financer les projets immobiliers touristiques. L’Union Européenne elle interviendra lorsqu‘il s’agira de privés béninois (villages d’accueil touristiques, auberges intégrées à l’environnement, villages de vacances…).
Développement du tourisme au bénin : recettes de l’Etat.
Il paraît évidemment urgent que l’Etat béninois montre sa bonne foi, ayant du tourisme une des priorités nationales lors d’un séminaire gouvernemental en juin 2001. Il a ainsi inscrit au programme d’action du gouvernement le projet de la création d’une Zone d’Aménagement Touristique sur la Route des Pêches, en Cotonou et Ouidah. La réalité est pour l’instant difficile pour les professionnels béninois du tourisme, les charges étant très lourdes.
Aujourd’hui encore plus que par le passé, le Bénin a besoin du tourisme pour améliorer les recettes de l’Etat. La priorité est de plus en plus accordée à ce secteur : preuve en est la multiplication de projets immobiliers pour les cinq ans à venir, et l’accueil probable de charters dans les prochaines années, en provenance de l’Union Européenne et des Etats-Unis. Le Bénin peut apparaître comme un « front pionnier », vu le nombre assez limité de touristes d’agrément.
Plusieurs réflexions sont menées pour protéger le patrimoine dans le cadre d’un développement touristique durable. Nous nous limiterons à trois exemples significatifs :
• l’UNESCO a entamé une mission depuis 1996 pour étudier la possibilité d’inscrire Ganvié sur la liste du Patrimoine Mondial, la cité lacustre du Bénin accueillant 15 000 visiteurs par an ;
• l’Atakora est actuellement prioritaire pour un développement de l’éco-tourisme : une étude de faisabilité du projet de valorisation des potentialités éco-touristiques du Nord-Ouest Bénin a eu lieu. Ce nouveau modèle de développement touristique respectueux de la culture et de l’écologie semble prometteur en Afrique de l’Ouest27. Des clientèles haut de gamme pourraient être attendues dans les années à venir ;
• enfin la « Route de l’Esclave » et la revalorisation de la cité historique de Ouidah (réhabilitation des vestiges culturels et architecturaux) devraient permettre de pénétrer les marchés américains et antillais.
En dernier lieu, les infrastructures devraient être améliorées, comme le réseau routier vers le nord du pays (Cotonou-Natitingou), ce qui faciliterait grandement l’acheminement des touristes internationaux vers la Pendjari et l’Atakora en général. Le réaménagement de l’aéroport de Natitingou est à l’étude ainsi que ceux d’un certain nombre de structures d’accueil type auberges, villages d’accueil – comme à Savalou (Zou) et à Boukombé (Atakora).
Pour être plus complet, il faut rappeler que depuis 1998 la route inter-État n° 1 Cotonou-Hillacondji (frontière togolaise) a été entièrement réhabilitée. Grâce à l’adoption de la stratégie sectorielle des transports en octobre 1993, le tronçon Parakou-Djougou a été aménagé et bitumé ; dans le sud du pays, le plus grand chantier réalisé est l’autoroute entre Cotonou, la capitale économique, et Porto-Novo, la capitale politique.
Néanmoins, le problème national essentiel reste la formation aux métiers du tourisme qui est pratiquement inexistante. Des contacts ont été pris avec des organismes tels que le Bureau International du Travail et l’Organisation Mondiale du Tourisme. Il y a donc urgence pour un pays qui veut être une des grandes destinations de l’Afrique de l’Ouest dans les années à venir.
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